L’archéologie remise au goût du jour
« Moi qui croyait que les archéologues avaient toujours fourré le nez dans les jupons de leurs mamans…
- Huh…De leurs momies ! »
Dans la fin des années 70, deux valeureux génies se retrouvent sur une plage de Hawai pour discuter de choses et d’autres. L’un s’appelle Steven Spielberg et est déjà vu comme une valeur sûre parmi les jeunes réalisateurs américains et des longs-métrages comme 1941 ou Sugarland express lui ont permis de se faire rapidement un nom. L’autre se nomme Georges Lucas, un « fou furieux fainéant » comme il aime à se définir, et a déjà connu un relatif succès grâce à American Graffiti. Son nouveau projet s’apprête à sortir au cinéma. Extrêmement ambitieux pour l’époque, il s’agit d’un sombre film de fiction dénommé Star Wars. Ca parlerait d’Etoile Noire et de Faucon Millenium. Etonnant que les studios hollywoodiens aient crû au projet…Toujours est il que les deux amis attendent avec impatience, sous le soleil d’Hawai, les résultats du box-office. Très vite, Lucas esquisse un évident rictus : Star Wars pète le score. Fainéant mais pas bête du tout, il réalise que ce succès lui permettra d’avoir les mains encore plus libres à l’avenir et que les producteurs auront du mal à lui refuser le moindre de ses caprices. Justement, il planchait depuis longtemps sur un projet non moins ambitieux…
« Et tu appelles ça de l’archéologie ?! »
Les résultats de Star Wars digérés, Spielberg fait part de ses envies à son ami et lui révèle qu’il a toujours rêvé de réaliser un James Bond. Lucas saute sur l’occasion et lui affirme qu’il a mieux qu’un James Bond. Très jeune déjà, il avait planché sur un scénario mettant en scène un intrépide archéologue qui irait aux quatre coins du monde pour déterrer des trésors toujours plus extraordinaires. S’inspirant des serials des années 30, il avait pensé le film comme une véritable bande dessinée qui devait alterner entre action et humour. Le projet à peine exposé, Spielberg se déclare partant. Indiana Jones est lancé.
« Junior !
-C’est Indiana Père !
-On a appelé le chien Indiana. Toi c’est Junior…
-J’ai des souvenirs bien émouvants de ce chien. »
Avec la trilogie des Parrain et celle des Retour vers le futur, Indiana Jones constitue un des triptyques les plus légendaires du 7ème art. Tous sortis dans les années 80, les 3 épisodes ont donné envie à des millions de petits garçons de s’intéresser à l’un des métiers a priori les plus ennuyants qui soient et à un nombre incalculable de petites filles de devenir femme d’archéologue. Une prouesse.
Après avoir triomphé des Nazis, retrouvé l’Arche Perdue, le Graal (et par la même occasion goûté à l’immortalité) et combattu des arracheurs de cœur, on se disait qu’aucun défi n’était à la hauteur du mythique archéologue. C’était sans compter sur la persévérance des amis Lucas et Spielberg.
« Vous avez les yeux de votre père.
-Et les oreilles de ma mère mais le reste vous appartient… »
Pendant des années, croire à un quatrième Indiana Jones revenait à peu près à attendre Chinese Democracy des Gun’s & Roses. Classique avant même d’être sorti, le projet est sans cesse repoussé à plus tard laissant les fans dans une incompréhension totale. Pour parler brièvement de mon cas personnel, je me souviens avoir entendu lors d’un voyage en bus pour partir en colonie à l’été 93 qu’un accord avait été trouvé et que le tournage pouvait commencer. Mouais…
Si Frank Darabont, réalisateur entre autres des Evadés avec Morgan Freeman et Tim Robinson, avait initialement été engagé pour écrire le scénario, il a vite laissé tomber le projet lorsqu’il s’est rendu compte des multiples remaniements scénaristiques qu’il devrait faire. On parlait au début d’une histoire qui s’inspirerait du mythe de l’Atlantide avec Kevin Costner qui aurait joué le frère d’Harrison Ford. Ensuite, Sean Connery devait rempiler dans le rôle du père avant qu’il ne décline finalement l’offre. Finalement, le 22 mai prochain sortira Indiana Jones et le Royaume des Crânes de Cristal.
« Ce que j’en dis c’est que les nazis dans votre genre feraient mieux de lire les livres plutôt que de les bruler. »
Outre l’excitation inhérente au projet, quelques inquiétudes peuvent tout de même subsister. Indiana Jones c’est quand même pas mal de galipades et de cascades en tout genre. Et on peut douter de la crédibilité qu’aura Harrison Ford avec sa soixantaine bien trempée. Toutefois, la bande-annonce semble jouer de l’âge du héros principal et prendre cela avec second degré. Et puis le sourire en coin d’Harrison Ford…En revanche, on ne sait pas si les scènes d’action et le rythme que proposera le film aura le même effet sur les spectateurs que dans les années 80. Depuis, nombre de films d’aventures ont fait leur apparition et les spectateurs seront peut être davantage réfractaires aux histoires abracadabrantes et surréalistes. Or, les scénarios des Indiana Jones se sont souvent distingués par des intrigues à dormir debout…Mais les films étaient toujours sauvés par un savant dosage d’action et d’humour. Tout l’enjeu résidera donc dans le fait de parvenir (ou pas) à recréer cette atmosphère.
De plus, les créateurs de la série semblent s’être décides à ressortir les bonnes vieilles recettes pour ce quatrième épisode (mais peut être pas le dernier puisqu’il se dit que certains acteurs auraient déjà signé pour d’autres films laissant ainsi la place à une sage du type Star Wars). En effet, Karen Allen, la plus explosive des « Indiana Girl », présente dans Les aventuriers de l’arche perdue sera de la partie. Shya Labeouf, dont la tête vous est forcément familière si vous aimiez traîner le samedi matin devant KD2A et que La guerre des Stevens vous faisait rire, tiendra le rôle d’un jeune novice qui accompagnera le professeur Jones un peu comme le faisait Demi-Lune dans Indiana Jones et le temple maudit. Enfin, Cate Blanchette semble jouer une sorte de femme fatale oeuvrant pour le Mal un peu comme le personnage dont Indy était tombé amoureux dans Indiana Jones et la dernière Croisade. Indiana Jones 4, on prend les mêmes et on recommence ?
Quoi qu’il advienne, ce quatrième volet d’Indiana Jones constitue un véritable événement et il sera intéressant de regarder les chiffres que le film fera au box office la première semaine. Comme pour se rappeler le bon vieux temps…
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